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Zoom sur les alternatives naturelles aux silicones en cosmétique

Par Maxime
6 minutes

Pourquoi chercher des alternatives naturelles aux silicones ?


Longtemps plébiscités pour leur effet « texture parfaite » dans les soins visage, cheveux ou maquillage, les silicones tiennent une place majeure dans de nombreuses formules cosmétiques. Leur attrait ? Ils apportent glissant, brillance et douceur instantanée, tout en masquant les aspérités. Pourtant, leur présence interroge désormais de nombreux consommateurs soucieux de la composition des produits.


Les silicones constituent en réalité une famille de dérivés synthétiques du silicium, souvent issus d’une chimie lourde et non biodégradable. On leur reproche de ne pas se dégrader dans la nature, de s’accumuler dans l’environnement (en particulier dans l’eau), de polluer les milieux aquatiques et de donner un effet « surface parfaite » sans rien traiter en profondeur. S’ils ne sont pas classés comme toxiques pour la santé, leur abcimpact écologique, conjugué à la recherche d’efficacité plus authentique, alimente la quête de solutions naturelles.


Silicones dans les cosmétiques : repères pour mieux les comprendre


On retrouve les silicones principalement dans :

  • Les soins capillaires : shampoings, après-shampoings, masques et sérums coiffants – ils enrobent la fibre pour donner une sensation de lissage.
  • Les soins visage : crèmes, bases de maquillage – avec la promesse d’un toucher velouté et d’un grain de peau visuellement lissé.
  • Le maquillage : fonds de teint, BB crèmes, poudres libres ou compactes, pour leur effet flouteur immédiat.

Vous identifierez les silicones par leur nom en -icone ou -oxane : dimethicone, cyclopentasiloxane, amodimethicone, etc. Leur efficacité sensorielle est indéniable, mais ils agissent comme de « fausses solutions » : ils gainent, mais n’apportent aucun soin en profondeur.


Qu’est-ce qu’une alternative naturelle ? Zoom sur les familles d’ingrédients stars


Une alternative naturelle aux silicones doit répondre à plusieurs critères : offrir un effet soin ou coiffant comparable — douceur, brillance, glissant, protection — mais issue de ressources renouvelables, biodégradables et, de préférence, certifiées bio ou issues de procédés vertueux.


1. Huiles végétales : la base incontournable

  • Huile de jojoba : la plus proche du sébum humain, elle offre un fini sec, lisse, et ne bouche pas les pores. Parfaite pour les cheveux fins ou gras.
  • Huile d’argan : riche en antioxydants, elle protège le cheveu et la peau, sans alourdir. Son effet « toucher sec » séduit en remplacement des sérums siliconés.
  • Huile de coco, d’avocat, d’amande douce : à utiliser pures ou en synergie, selon la texture recherchée.

Ces huiles nourrissent en profondeur et protègent la barrière cutanée ou la fibre capillaire. Pour retrouver la sensation « soyeuse », appliquez-les en petite quantité, sur peau humide ou en finition sur les pointes.


2. Beurres végétaux : gaine et nutrition

  • Beurre de karité : apport de souplesse et de brillance, discipline les frisottis et protège le cheveu.
  • Beurre de mangue : onctueux mais moins gras, il offre un fini doux idéal pour les crèmes de jour ou les baumes coiffants.

Intégrés dans les soins capillaires ou les crèmes nourrissantes, ces beurres remplacent efficacement l’effet « enrobant » des silicones.


3. Gélifiants et polysaccharides naturels : la science au service du toucher

  • Aloe vera : cette plante gorgée d’eau offre à la fois hydratation, film protecteur et sensation lisse, idéale pour les gels coiffants ou les soins hydratants visage.
  • Gomme xanthane, gomme guar : issus de végétaux, ces polymères naturels épaississent, structurent les formules et procurent un glissant analogue à celui des silicones.
  • Pullulane, inuline, fucocert : polysaccharides utilisés pour créer une sensation « seconde peau », ils sont appréciés dans les bases de maquillage et les gels pour les cheveux bouclés.

4. Esters, cires et agents texturants végétaux

  • Émollients d’origine végétale : certains esters issus du sucre, du colza ou de coco (ex : coco caprylate), simulent le toucher des silicones avec des formules clean et biodégradables.
  • Cire de carnauba, cire de riz ou de jojoba : utilisées dans les rouges à lèvres et les fonds de teint naturels, elles assurent filmogénicité (protection), douceur et tenue longue durée sans effet occlusif.

Quels avantages à choisir ces alternatives naturelles ?


  • Respect de l’environnement : à la fois renouvelables et biodégradables, elles limitent la pollution des eaux et la propension à s’accumuler dans la nature.
  • Bénéfices réels pour la peau et les cheveux : nutrition, réparation, hydratation — là où les silicones masquent le problème sans le résoudre.
  • Moins de risques de « build-up » : ces alternatives sont généralement non-comédogènes et n’étouffent pas la peau ni la fibre capillaire.
  • Conviennent mieux aux routines longues ou minimalistes : elles s’intègrent naturellement dans les démarches de « slow cosmétique » ou bio.

Les limites des alternatives naturelles : vérité et nuances


Attention cependant : passer du tout-silicone au tout-naturel implique parfois une période d’adaptation. La sensation de glisse extrême, typique des silicones, sera moins instantanée. Il faut parfois réapprendre à doser correctement son soin, à masser plus longuement ou à utiliser un produit en complément (sérum, spray démêlant, lait léger pour les cheveux très fins).


Par ailleurs, certaines huiles, si elles sont mal adaptées à votre type de peau ou de cheveux, peuvent alourdir ou graisser. L’expérimentation reste la clé. N’hésitez pas à chercher des formules pointues qui associent plusieurs végétaux pour optimiser le rendu. 


Concrètement : comment composer sa routine sans silicones ?


Pour les cheveux :

  • Remplacer les sérums et huiles siliconées par quelques gouttes d’huile végétale (jojoba, argan, sapote pour la pousse), puis brosser pour répartir uniformément.
  • Utiliser des baumes coiffants à base de karité ou des gels naturels (aloe vera pur ou enrichi en glycérine végétale) pour dompter les frisottis.
  • Sélectionner des après-shampoings à base de polyglycérides naturels ou d’extraits de betterave pour démêler et lisser en douceur.

Pour le visage :

  • Privilégier les crèmes ou huiles non comédogènes à base de squalane végétal, huiles de noisette ou pépins de raisin, qui laissent un fini soyeux.
  • Se tourner vers des bases ou des primers naturels composés de pullulane, d’inuline, ou de gommes végétales, pour un effet flouteur.
  • Opter pour des poudres libres minérales plutôt qu’un fond de teint siliconé : elles mattifient tout en respectant l’épiderme.

Peut-on obtenir un effet « waouh » sans silicones ? Astuces et conseils


  • Soignez la régularité : les effets des alternatives naturelles sont cumulatifs. Plus vous entretenez la fibre capillaire ou la peau avec des actifs bruts, plus la matière s’assouplit, s’embellit durablement.
  • Testez le « layering » intelligent : superposez crème légère, goutte d’huile et brume pour créer un film protecteur quasi-indétectable et naturel.
  • Adoptez la patience après l’arrêt des silicones : il est normal de constater, au début, un peu plus de frisottis ou un effet moins « glossy ». Ce sont souvent les résidus d’anciens produits qui se font la malle : lissez, hydratez, mais laissez le temps à votre chevelure ou à votre peau de retrouver sa vraie nature.

Astuce bonus : pour un effet lissant avant coiffage, vaporisez un mélange d’eau florale et d’aloe vera, puis scellez l’humidité avec une goutte d’huile végétale. Économique, sensoriel, sans trace siliconée !

Foire aux questions sur les alternatives naturelles aux silicones


  • Les silicones sont-ils dangereux pour la santé ?
    Non, ils ne présentent pas de danger avéré pour l’homme, mais posent surtout question pour leur impact environnemental et leur effet trompe-l’œil.
  • Peut-on utiliser ces alternatives sur cheveux colorés ou traités ?
    Oui, de nombreuses marques clean proposent des soins riches en acides aminés, en protéines de riz ou en huiles antioxydantes excellents pour maintenir la brillance.
  • Existe-t-il un effet « purge capillaire » après l’arrêt du silicone ?
    Il peut y avoir une brève période de transition – cheveux plus difficiles à démêler ou à coiffer – mais cela s’améliore au fil des applications.
  • Les produits naturels ont-ils la même durée de vie ?
    À condition de bien les conserver (flacons opaques, à l’abri de la lumière), les huiles et beurres se gardent plusieurs mois. Certains produits maison devront être consommés plus vite.

À retenir : le choix naturel, un engagement corps et planète


Remplacer les silicones dans sa salle de bain n’est ni une mode, ni une lubie. C’est faire le choix d’un soin réellement actif, éco-responsable, évolutif et sensoriel. Huiles, beurres, gélifiants et agents texturants issus du végétal ouvrent la voie à une cosmétique plus juste, sans concession sur le plaisir ou l’efficacité.
En privilégiant ces alternatives, vous nourrissez, protégez — et révélez la beauté intrinsèque de vos cheveux, de votre peau, sans masquer, ni polluer.

Astuce finale : pour un résultat optimal, alternez les textures légères et plus nourrissantes selon la saison et la météo. Votre routine s’adaptera, naturellement, à toutes vos envies !


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