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Maquillage clean : comment décrypter une liste d’ingrédients

Par Maxime
5 minutes

Le maquillage clean, entre promesses et doutes : pourquoi décrypter les ingrédients ?


Le maquillage dit "clean" séduit aujourd'hui celles et ceux qui recherchent plus de transparence, de sécurité et d'éthique dans leurs produits de beauté. Mais derrière ce label en vogue se cachent bien des nuances. Critères flous, listes d’ingrédients à rallonge, allégations parfois trompeuses : savoir lire et comprendre la composition de ses produits makeup devient indispensable pour consommer en pleine connaissance de cause. Tour d'horizon des clés de lecture pour devenir un(e) consommateur(trice) averti(e).


Qu'est-ce qu'un maquillage clean ?


L'expression "maquillage clean" n’a, à ce jour, aucune définition ni certification officielle. Elle désigne de façon générale les cosmétiques affichant une composition jugée la plus "saine" possible, basée sur l'exclusion d'ingrédients controversés (perturbateurs endocriniens, allergènes, substances suspectées d’être toxiques ou polluantes). En bref : "clean" rime avec "propre" pour la peau, mais aussi pour l'environnement.
En pratique, chaque marque se forge sa propre charte : certaines valorisent le naturel et le bio, d'autres priorisent la sécurité dermatologique, d'autres encore mettent l’accent sur les circuits courts ou le zéro déchet. Face à cette diversité, seul un œil entraîné sur la liste INCI fait la différence.


La liste INCI : mode d'emploi


La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) apparaît sur tous les emballages : c’est la nomenclature officielle, identique sur l’ensemble du marché européen. Les ingrédients sont classés par ordre décroissant de concentration jusqu'à 1%. Après ce seuil, ils peuvent apparaître dans n'importe quel ordre.
Pourquoi s’y attarder ? Parce que seule l’analyse minutieuse des composants permet d’évaluer ce que vous mettez réellement sur votre peau, quelles que soient les promesses marketing.


Quels ingrédients surveiller (et lesquels éviter) ?


1. Les silicones et polymères synthétiques


  • Exemples : Dimethicone, Cyclopentasiloxane, Trimethylsiloxysilicate.
  • Pourquoi ils posent question : s'ils apportent glissant, douceur et effet longue tenue, ces dérivés du pétrole sont peu biodégradables et parfois accusés d’étouffer la peau. De nombreuses chartes "clean" les bannissent.

2. Les conservateurs controversés


  • Exemples : Parabens (methylparaben, propylparaben), phénoxyéthanol, triclosan.
  • Enjeux : Soupçonnés pour certains d’être des perturbateurs endocriniens. Remplacés parfois par de nouveaux conservateurs (sodium benzoate, potassium sorbate) jugés plus « clean », mais à évaluer selon la tolérance individuelle.

3. Les solvants et agents texturisants issus de la pétrochimie


  • Certains à surveiller : PEG (polyethylene glycol), polysorbates, pétrole, paraffinum liquidum.
  • Susceptibles de contenir des traces d’impuretés ou de poser des problèmes écologiques.

4. Les parfums et allergènes


  • Indiqués sous "Parfum (fragrance)" ou nommément : limonene, linalool, citronellol, geraniol…).
  • À éviter pour les peaux sensibles ou réactives : ils sont responsables de la majorité des réactions allergiques liées au maquillage.

5. Les colorants d’origine controversée


  • Certains pigments synthétiques (CI 19140, CI 17200…) sont déconseillés chez les adeptes du clean. Les micas naturels sont généralement privilégiés, mais attention à leur provenance (enfants mineurs dans les mines : privilégier les marques transparentes sur la traçabilité).

Comment reconnaître une formule vraiment clean ?


Aucune perfection possible, mais plusieurs indices permettent de repérer un maquillage au cahier des charges rigoureux :


  • La liste INCI est courte : moins il y a d'ingrédients, plus la formule est souvent épurée et lisible. Attention, certains produits (comme les fonds de teint complexes ou les mascaras) exigent des formules plus longues.
  • La majeure partie des composants sont d’origine naturelle (plantes, cires d’abeille, huiles végétales, beurres, amidons…)
  • Absence de liste noire « classique » : pas de silicones, pas de parabens, pas de PPG/PEG, pas de phénoxyéthanol, pas de BHT, pas d’huile minérale.
  • Les actifs « sensibles » (comme les huiles essentielles, allergènes naturels) sont utilisés à faibles doses, relégués en fin de liste.
  • Labels et certifications : même s’ils ne font pas tout, la présence de logos bio (Cosmos Organic, Ecocert), cruelty free, vegan, ou des mention "Slow Cosmétique" apportent une garantie supplémentaire.

Petite méthode pour décoder une étiquette


  1. Relevez les cinq premiers ingrédients : ce sont souvent les plus présents, donc les plus décisifs sur la tolérance et l’efficacité.
  2. Repérez les agents filmogènes, conservateurs et colorants : recherchez leur nature (synthétique ? naturelle ? controversée ?).
  3. Tapez le nom d’un ingrédient douteux sur une base fiable (INCI Beauty, La Vérité sur les Cosmétiques…) : vous obtenez une évaluation indépendante.
  4. Attention aux astuces marketing : certains ingrédients valorisés sur le packaging sont présents en quantité infime, cachés en fin de liste (les fameux "actifs star"...)
  5. Posez-vous la question de la fréquence d’utilisation : un rouge à lèvres appliqué tous les jours mérite une attention accrue sur l’absence de substances irritantes ou polluantes.

Focus sur les labels et applications : outils utiles… mais pas infaillibles


Labels bio, applications mobiles de type Yuka ou INCI Beauty facilitent la lecture des compositions mais présentent aussi leurs limites : leurs critères diffèrent (parfois très stricts, parfois laxistes), et l’arbitraire ou la méconnaissance de certains ingrédients naturels peuvent fausser l’évaluation.
Le meilleur réflexe : croiser les sources, lire la liste INCI, demander conseil à des spécialistes indépendants et surtout écouter la réaction de sa peau.


Les pièges à éviter lorsqu’on veut consommer "clean" dans le maquillage


  • Se focaliser uniquement sur le naturel : tout ingrédient naturel n'est pas inoffensif (huiles essentielles, certains extraits de plantes allergisants…).
  • Croire que "clean" signifie zéro allergie : chaque peau a sa propre tolérance. Même un cosmétique parfaitement "clean" peut causer de l'irritation dans certains cas.
  • Privilégier les produits à base d’eau uniquement : certaines textures (crayons, rouges à lèvres, poudres) exigent des agents fixateurs ou filmogènes pour fonctionner.
  • Confondre logos et véritable sécurité : beaucoup de petits labels restent auto-attribués ou moins exigeants que ne le laisse penser le packaging.

Exemples concrets : décoder ensemble une liste d'ingrédients


Exemple 1 : Mascara "clean"


  • Aqua, cera alba (cire d’abeille), butyrospermum parkii butter (karité), glyceryl stearate, CI 77499 (pigment noir ferreux), sodium benzoate…
  • Lecture : ingrédients naturels au début, pigment minéral, conservateur doux ; pas de silicone, ni PEG, ni parfum.

Exemple 2 : Fond de teint "naturel" mais moins clean


  • Water, cyclopentasiloxane, dimethicone, PEG-10 dimethicone, talc, iron oxides…
  • Lecture : présence de silicones (cyclopentasiloxane, dimethicone), PEG ; formule plus occlusive, moins écologique, potentiellement moins bien tolérée pour peau sensible.

Questions fréquentes sur le maquillage clean et l’analyse des ingrédients


  • Doit-on bannir tout ingrédient au nom "chimique" ?
    Non : l’INCI emploie la nomenclature latine ou scientifique, même pour les huiles ou beurres naturels. Méfiez-vous donc des a priori.
  • Le "sans parabens" garantit-il une meilleure tolérance ?
    Pas toujours, car substituts ou parfums peuvent être beaucoup plus allergisants selon la formule.
  • Un produit peut-il être à la fois clean et longue tenue ?
    Oui, si la marque a choisi des cires, amidons naturels et pigments de haute qualité : le maquillage clean innove aussi côté performances.

Astuce finale : développer un regard expert… sans devenir parano


Derrière le terme "clean" se loge une réalité mouvante : chaque marque y met son curseur, et chaque peau aura ses propres besoins. Très concrètement : soyez curieux, renseignez-vous, testez sur petite zone, évitez le cumul d’irritants, privilégiez la simplicité sans céder à la peur.
Votre meilleur allié reste le bon sens : un produit qui vous convient, que vous appliquez sans gêne ni inconfort, bien conservé et bien toléré, reste la plus belle victoire "clean" de votre routine makeup.


Pensez à prendre une photo ou noter les compositions de vos produits préférés : vous pourrez comparer en magasin, évoluer selon les formules, et devenir acteur.rice avisé.e de votre routine maquillage clean !

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